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Paranoia Agent

Spartan, le 13/05/2006, modifié le 19/05/2006.

Histoire

Tsukiko Sagi est une jeune créatrice responsable de Mamori, la nouvelle mascotte à la mode au Japon. Alors que celle-ci doit réaliser une nouvelle création, elle est attaquée par un étrange garçon en roller qui le frappe de sa batte de baseball. Deux policiers doivent enquêter sur le coupable, et pendant ce temps, les rumeurs les plus folles concernant l'agresseur courent à travers la ville.

Avis

Après l'étrange et inquiétant Perfect Blue, Satoshi Kon, qui a signé également Tokyo Godfathers et Millenium Actress, revient en 2004 avec pour la première fois une série télé de 13 épisodes. Kon nous livre ici un récit sombre, mystérieux, mais en même temps halletant et addictif. Les qualificatifs manquent pour qualifier cette oeuvre pourtant opaque, reflet de la société tokyoïte à grand coup d'images et de métaphores.

La série peut-être divisée en deux parties : le début et la fin qui présentent le déroulement du scénario et on y suit les personnages principaux, et s'insèrent au milieu quelques épisodes à part qui sont des variations sur le thème principal mais nous présentent de nouveaux personnages et de nouvelles situations pendant vingt minutes chacun. Voyons les personnages principaux un peu plus en détail, et le tout sans spoiler.

Des personnages ancrés dans la réalité

Même si on ne la voit pas durant tous les épisodes, Tsukiko Sagi est le personnage central de la série. Jeune designer de mascotte, depuis le succès qu'elle a eu avec Maromi, un joli petit chien tout rose et tout mignon, tout le Japon a le regard rivé sur elle. Elle doit trouver une nouvelle mascotte mais l'inspiration ne semble pas être au rendez-vous. Désespérée, elle sera la première victime du garçon à la batte (Shonen Bat en VO). Akio Kawazu est un reporter qui tente de joindre les deux bouts en menant de son côté une enquête sur Sagi. Il sera attaqué par le garçon à la batte pendant qu'il suivait Tsukiko. Yuichi et Shogo sont deux jeunes enfants. Yuichi est un garçon vaniteux qui pense que Shogo lui en veut personnellement. Toujours affublé d'une casquette et de roller, on pense très vite que Yuichi est en fait le garçon à la batte. Harumi Chono est l'assistante d'un professeur d'université, et en même temps, elle aide le jeune Yuichi avec ses devoirs. Jeune fille bien sous tous rapports en apparence, elle cache une seconde personnalité, Maria, totalement dépravée, les deux entités se combattant au sein d'un même corps.

Tous ces personnages et d'autre encore seront la victime du gamin à la batte, un jeune homme décrit comme portant des rollers et une batte dorée. Il semble n'attaquer que les gens qui sont dans le désespoir le plus profond, leur ouvrant, en les attaquant, une porte de sortie qu'ils n'espéraient plus. De nombreux mystères planent autour de sa personne et on ne saura la vérité qu'en fin de série.

Les inspecteurs Keiichi Ikari et Maniwa Mitsuhiro sont responsables de l'enquête et doivent arrêter le garçon à la batte qui attaque les habitants de la ville. Ikari est un inspecteur à l'ancienne, relativement obtus alors que Maniwa, son adjoint, fait preuve de plus de psychologie.

Apparaissant tout d'abord comme des actes sporadiques, la police se demande très vite ce qui pousse ce gamin à agir et recherche alors les points communs entre les agresseurs. A travers ce jeu de piste, Satoshi Kon prend un malin plaisir à perdre le spectateur, car si certains points communs entre les victimes peuvent sauter tout de suite aux yeux, d'autres cas semblent inexplicables. Car le seul lien entre chaque victime n'est pas sa situation, ses connaissances, mais son état mental. Sans vouloir tout raconter, une explication est fournie en fin de série, bien qu'elle ne réponde pas à toutes les questions, laissant au spectateur le soin de remplir les vides à sa volonté.

Satoshi Kon aime vous torturer

Du point de vue du déroulement, le réalisateur use de ficelles déjà expérimentées dans ses autres oeuvres et on retrouve son habitude à mélanger le réel et l'imaginaire pour perdre totalement le spectateur avec comme but final d'expliquer les travers de la société japonaise qui pousse toujours ses membres à se donner à fond, une société où le paraître à toute son importance, à l'image de Sagi que tout le monde semble adorer, même si son boss n'attend qu'une chose, sa nouvelle mascotte et ses collègues balancent lorsqu'elle a le dos tourné.

Plus fort encore, Satoshi Kon se permet de donner à l'imaginaire des allures de réel quand un suspect est appréhendé et qu'on apprend que celui-ci se prend pour un chevalier divin dont la tache est de défaire le monde d'une menace démoniaque. Alors, le temps d'un épisode, les inspecteurs se retrouveront projetés dans un monde dans le plus pur style RPG Japonais et Minawa, l'inspecteur plus fin psychologue que son collègue, se mêlera au jeu et s'immergera dans la psychologie du suspect. Si cet épisode permet de démontrer le malaise des jeunes qui préfèrent s'enfermer dans un monde bien à eux plutôt qu'affronter la réalité, chaque épisode y va de sa petite critique de la société japonaise. Capacité à s'adapter à la société, problème psychologique, stress de la vie Japonaise, problème des otakus, mélange de la vie famiale/professionnelle et même le sujet du suicide est traité durant la série, et ce bien souvent sur fond d'humour (noir, ça va de soit).

Bien que très difficile à comprendre, nécessitant deux visionnages pour que tout soit bien clair, la série reste excellente, l'auteur se joue de nous et si la durée d'un film est trop court pour aller au bout des choses, les 13 épisodes que durent la série permet à Satoshi Kon de détailler plus profondément sa vision des choses.

La réalisation technique suit-elle ?

D'un point de vue purement technique, du bon et du moins bon. Si les épisodes principaux sont soignés, différentes équipes ont travaillé sur le film. Cela se ressent grandement durant les épisodes situés au milieu de la série qui, même s'ils restent très bien construits scénaristiquement, prennent parfois une méchante claque du point de vue de la qualité tant certains dessins sont réalisés à la va-vite avec un rendu des plus grossiers. Seuls les personnages sont touchés par ce problème, les décors quand à eux restent de grande qualité tout au long de la série. Heureusement, si cela dure le temps de deux ou trois épisodes, la qualité revient au rendez-vous pour le grand bouquet final, le treizième épisode apportant toutes les explications avec une ambiance rappellant le grand Akira de Katsuhiro Otomo, mais je vous laisse le soin de découvrir pourquoi.

Même si l'ambiance musicale ressemble étrangement à celle de Perfect Blue, le compositeur n'est pas le même puisque la bande son a été réalisée par Susumu Hirasawa, déjà connu pour son travail sur Berserk. Si la bande originale n'est pas la meilleure à écouter hors de la série, une fois incorporée aux images, elle colle à merveille à l'ambiance. On note plusieurs thèmes principaux qui reviennent sous différentes versions et les génériques sont particulièrement sublimes.

Le générique du début, aussi bien d'un point de vue visuel que musical, est à l'image de la série. Les paroles sont très difficiles à traduire. A l'époque où la série était disponible en fansub, chaque team proposait une version différente des paroles et pour la version DVD, Dybex ne les a même pas traduites. En ce qui concerne le visuel, que dire de ces images où on voit les personnages principaux dans les pires situations du monde (une maison détruite, au milieu d'une rue remplie de voiture, au fond de l'eau ou sur la tour de Tokyo alors qu'un champignon atomique est visible dans le lointain) en train de rire à gorge déployée ?

Le générique de fin quand à lui tranche avec le reste car on retrouve à nouveau nos personnages principaux, tous allongés sur l'herbe, en train de dormir sereinement, autour d'un Maromi immense qui semble veiller sur eux.

Conclusion

Je sais que ce texte ne parle pas de la moitié des éléments de la série, tellement celle-ci est vaste. De la même manière, il s'agit d'une simple critique de la série, et je n'ai pas envie de me lancer dans une véritable analyse plus complète, ne serait-ce que parce que celle-ci nécessiterait de voir plus en détail les personnages, les situations, ce qui obligerait à en dévoiler plus que nécessaire. Au final, je ne peux que vous encourager à vous faire votre propre opinion et à vous jetez à corps perdu dans cette série !

Commentaires

Deux versions DVD sont disponibles, toutes deux chez Dybex. Une version collector qui ne propose que la série, et une édition Prestige limitée qui inclut un DVD bonus, des images et une petite peluche Maromi.

La série est très bien encodée et peu de fautes sont à noter (juste un "ils" à la place d'un "il").

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Informations Techniques

Titre(s) alternatif(s) :
Mousou Dairinin
Année : 2004
Genre : Drame
Studio : Madhouse Studios
Histoire originale : Satoshi Kon
Réalisateur : Satoshi Kon
Compositeur : Susumu Hirasawa
Character-Designer : Masashi Ando
Format : 13 x 25min
Note de l'auteur

9/10
Note des lecteurs

Note moyenne = 6.3333333333333
(9 notes enregistrées)

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