Gankutsuou est l'adaptation du célèbre roman d'Alexandre Dumas "Le comte de Monte Cristo". Cette oeuvre a déjà été l'objet de nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision (la dernière en date étant celle de Josée Dayan avec Gérard Depardieu).
La version Gonzo innove en tranposant l'histoire au sixième millénaire dans un Paris mêlant passé (costumes d'époque, calèches...) et modernité (vaisseaux spatiaux, mechas...), et en décrivant les événements du point de vue du jeune Albert de Morcef
Le jeune vicomte Albert de Morcef effectue son premier voyage dans la galaxie accompagné de son ami d'enfance le baron Franz d'Epinay. Au carnaval de Luna, Albert rencontre le mystérieux comte de Monte Cristo, personnage charismatique à la fortune colossale qui est au centre de toutes les conversations de la haute société. Après avoir sauvé Albert des griffes du bandit Luigi Vampa, le comte lui demande de l'introduire dans le grand monde parisien où il a quelques affaires à effectuer. Albert accepte, et lui présente les familles les plus influentes de Paris, dont celles de Morcef, de Villefort et Danglars, dominant respectivement l'Armée, la Justice et le milieu des affaires. L'arrivée du comte bouleverse leurs vies....
Que cherche le comte ? Et surtout, qui est-il vraiment ?

Gankutsuou est une série surprenante, et ce à bien des égards.
Ce qui frappe tout d'abord au premier visionnage est la technique peu conventionnelle
Utilisée. Ici, les cheveux et les vêtements des personnages sont représentés par des textures ; comprenez que lorsque le personnage bouge, la texture elle reste immobile. L'effet n'est pas évident à retranscrire, mieux vaut le voir en action. Cependant, ce procédé peu orthodoxe surprend et peut même rebuter au premier abord, mais il se fait oublier au fil des épisodes.
Le deuxième aspect technique frappant est la large palette de couleurs utilisée. Gankutsuou est très coloré ; les premières secondes de la série (le carnaval de Luna) émerveillent par leur beauté. L'univers dans lequel évolue les héros est donc magnifique : je pense à la maison du comte sur les Champs-Élysées, mais aussi aux demeures des grandes familles et aux hauts lieux du pouvoir qui étincellent de luxe.
Seul point bémol, l'utilisation d'images de synthèse n'est pas toujours heureuse, ces dernières s'intégrant souvent mal à l'ensemble ; cependant elles restent rares.
Comme il a été dit plus haut, l'univers dans lequel se déroule Gankutsuou est déroutant. On se situe dans un Paris du futur (les hautes technologies utilisées en atteste), mais dont les modes de vie et les moeurs seraient restées figées au XIXe siècle. On voit ainsi des vaisseaux spatiaux pilotés par des hommes en costumes d'époque...L'aspect futuriste se fait oublier au fil des épisodes, notamment lorsqu'on est plongé dans l'intimité des familles, avant de revenir en force au cours de certains événements (Danglars et l'entité virtuelle Michèle qui gère ses actions sur uns sorte de réseau, la bibliothèque virtuelle du ministère de l'Intérieur, les mechas...). La Lune est habitée, les guerres se déroulent dans des planètes lointaines...Ce mélange des genres est tellement surprenant qu'on a du mal à le qualifier : passé futuriste, ou futur figé dans le passé ?
Un des points forts de la série pour les spectateurs francophones est le respect de l'univers français. Combien de séries se déroulant en France présentent de nombreuses incohérences (la conduite à gauche dans Noir), des fautes d'orthographes à la pelle, ou des clichés « Franchouillard conduisant une DS la baguette sous le bras » ? Ici, rien de tout ça. Première bonne surprise, le résumé de début d'épisode est dit en français ! Alors oui certes, avec un bon accent japonais, mais l'effort est louable. Par la suite, on constate que tous les documents que peuvent lire les héros sont rédigés en français, ce qui est déjà un bon point, mais surtout dans un français parfait, et là ça change tout. Il n'y a qu'une couverture du Figaro (oui oui, le Figaro) qui ne veut rien dire, mais on pardonne facilement une seule erreur sur 24 épisodes, et on peut donc féliciter le travail du l'équipe sur ce point. Petit point amusant, les deux chansons hors opening-ending (l'opéra et la valse) sont chantés en français.
Continuons sur la musique. Ici l'ending et l'opening sont en anglais, ce qui dénote un peu, mais comme ils sont splendides, on pardonne. L'opening We were lovers dégage une atmosphère mélancolique pleine de regrets. Impossible de ne pas être touché, notamment lorsque s'y ajoutent les images tout en sépia, comme des portraits anciens au fuseau, des principaux personnages de la série. Une réussite. L'ending est lui radicalement différent ; exit l'atmosphère romantique piano-violon, place aux guitares électriques ! Chanson électro-rock, You won't see me coming dégage une énergie folle, à l'image de la rage intérieure du comte. Ici, il y a un véritable déluge d'images qui s'enchaînent à toute vitesse, comme si l'histoire passait en accéléré. En fait, c'est comme si l'on était dans l'esprit du comte : l'image où il se dresse, seul et triomphant tout de blanc vêtu tel un Dieu, puis entouré de masses informes attirées par lui et qu'il entraîne dans un tourbillon destructeur sont représentatifs du jeu auquel il se livre...Le reste de la bande originale est très bon, mais il est difficilement écoutable « hors contexte ». Les solos de piano sont cependant magnifiques...
Dumas oblige, le scénario de Gankutsuou est en or massif. L'enchaînement des situations, le mécanisme diabolique mis en place par le comte, et le piège qui se referme petit à petit sur les protagonistes, sont imparables. Cependant, l'adaptation de Gonzo adopte un point de départ et un point de vue radicalement différents de ceux du roman d'origine.
Ainsi, les scénaristes ont opéré un changement de focale en racontant l'histoire du point de vue d'Albert, jeune homme encore naïf émerveillé par le comte, et qui va voir toutes ses illusions s'envoler impitoyablement. De même, l'histoire débute par le carnaval ; or cet épisode se situe dans la dernière partie du premier tome du roman. En fait, le spectateur ignore tout du passé du comte et de ses motivations ; l'intérêt de l'histoire est donc de découvrir qui il est réellement et pourquoi il s'en prend à certaines personnes. Le plaisir est donc totalement différent de celui du roman ; en effet, ce dernier suit les événements de manière chronologique sur un peu plus de 20 ans. Le passé et les motivations du comte ne sont donc pas un secret, et le lecteur est plongé dans le plaisir presque sadique de voir comment le comte va opérer sa vengeance. De fait, l'anime prendra certainement mieux chez ceux qui n'ont pas lu le roman ou qui n'ont qu'un vague souvenir des adaptations précédentes, car le plaisir de la découvertes et des suppositions n'en seront que plus grands.
Adaptation étrangère oblige, le contexte historique dans lequel se déroule Le Comte de Monte Cristo est très largement simplifié, voire même balayé ; tout juste nous parle-t-on d'un prince assassiné. Or, le roman se déroule entre 1815 et 1840, soit au coeur même d'un siècle politique agité. Pour mémoire, Napoléon 1er est battu en 1814 par la coalition Royaume-Uni/ Autriche-Hongrie/Prusse qui met sur le trône de France le frère de Louis XVI, Louis XVIII (la Restauration) ; en 1815, Napoléon s'évade de l'île d'Elbe et reprend le pouvoir avant d'être de nouveau battu à Waterloo (les Cent Jours) ; Louis XVIII retrouve alors le trône (La seconde Restauration). Durant ces deux années, monarchistes et bonapartistes se livrent une lutte acharnée...Je ne vais pas en dire plus, mais sachez que c'est fondamental pour comprendre le pourquoi du comment. Evidemment, Gonzo n'allait pas faire un cours d'histoire politique française, et ont donc passé à la trappe cet aspect. C'est pourquoi certains points du scénario peuvent paraître obscurs ; mais rien de bien catastrophique, rassurez-vous.
Sur le plan du respect de l'histoire originale, Gankutsuou prend quelques libertés, notamment sur « la » révélation, mais aussi en créant des liens auparavant inexistants entre certains personnages, en changeant la destinée de certains etc. Cependant, ce ne sont que des exceptions et la trame générale du scénario suit l'oeuvre de Dumas. Les puristes de devraient donc pas trop hurler.
Réalisation sublime, univers envoûtant, scénario en béton : Gankutsuou s'impose comme l'une des meilleures séries de ces derniers mois, si ce n'est la meilleure. Elle permet également de (re)découvrir un classique de la littérature française, et pourra provoquer chez certains l'envie de se plonger dans le roman original (que je ne peux que vous conseiller).
Gankutsuou a été licencié par Rouge Citron Production il y a quelques mois, on peut donc espérer une sortie DVD courant 2006 ; auparavant, la série sera diffusée sur la chaîne Cinéfamiz (Canalsatellite) à partir du 4 septembre, en attendant pourquoi pas une diffusion sur une chaîne généraliste (Canal + selon toute vraisemblance).
Commentaire du 06/08/2008 par Alice
Hé c maren, avec mon bahu on a monté une pièce de téatre enfète je sui den un truc sa sapelle la maitrise c un groupe de jeune qui chante (fo avoir un bo timbre de voi pour i rentré) bon je continu, avec cette classe on a fé une comédi musical "monte cristo" ^^ cété géan on c tro éclaté a fère sa é le résulta été vrémen pa mal, lé critique été tré bonne é je sui tré fière di avoir participé ^^, tt sa pour dire ke listoir de monte cristo est une belle istoir damour ^^
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Année : 2004 Genre : Drame Studio : Gonzo Histoire originale : D'après Alexandre Dumas Réalisateur : Mahiro Maeda Compositeur : : Jean-Jacques Burnel, Kasamatsu Kaiji
Character-Designer : Hiderori Matsubara Format : 24 x 24min
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